"Réouverture" du Magasin : Appel à signer la Convention
Depuis le 17 avril, un rassemblement d'artistes, d'habitant.e.s du quartier Saint-Bruno, de militant.e.s et de chercheur.euse.s (les Ami.e.s du Rouvre) tente de "réouvrir" le Centre National d'Art Contemporain "Le Magasin" (8 Esplanade Andry Farcy à Grenoble) pour y proposer une programmation et des discussions sur l'avenir de ce lieu.
Pour l'occasion, ce lieu culturel a été renommé "La Superette".
Lors de cette action, les Ami.e.s du Rouvre avaient obtenu un accord avec l'Élue aux cultures de la ville de Grenoble et la présidente du Conseil d'Administration du Magasin : vingt Ami.e.s devaient y passer la nuit. C'était sans compter le refus catégorique du préfet et des forces de l'ordre massivement présentes.
Si les portes ont été refermées ce soir-là, des négociations ont été entamées avec les tutelles siégeant au Conseil d'Administration du Magasin. Elles ont pour but de préciser les conditions de rouverture.
Pendant un mois, dans un "CDD choisi", voici ce que les Ami.e.s du Rouvre désirent et sont en train d'expérimenter :
- faire vivre un lieu abandonné depuis plus d'un an. Essayer de nouvelles choses, être un espace de diffusion, de création, être un.e ami.e pour les milieux associatifs du quartier et surtout pour les gens.
- mettre en avant les problèmes internes liés à la gestion du Magasin, bien connus depuis longtemps et relayés dans la presse.
- questionner les modes de gouvernance opaques des institutions culturelles.
Les Ami.e.s du Rouvre ont rédigé collectivement une convention de résidence intitulée C.R.E.A.L.A. (Convention de Résidence d’Expérimentation d’Autogestion d’un Lieu Artistique). Cette convention a été soumise à la présidence du Conseil d'Administration du Magasin et est aujourd'hui rendue publique.
Les Ami.es du Rouvre appellent les Ami.e.s des Ami.e.s du Rouvre à les soutenir par une signature symbolique.
Vous pouvez écrire à : lasuperette_1 (at) protonmail.com
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Pour mieux comprendre la situation, voici également deux communiqués expliquant ce qui s'est passé au Magasin les 18 et 19 avril, juste après la tentative de réouverture :
Ce qu s'est passé le 18 avril :
"Ce matin 8h, nous étions sur place, le trésorier aussi et les techniciens de la ville. Y avait du café, du soutien.
Nous pensions entamer les négociations sur les bases sur lesquelles nous étions resté-e-s hier, c’est à dire une occupation totale des lieux, l’autorisation pour 20 personnes de dormir sur place.
C’était sans compter sur les différentes injonctions de la préfecture qui « tolère» déjà l’occupation de la MC2, refuse celle de la superette sous les conditions proposées par le collectif et menace de renvoyer les forces de l’ordre déjà présentes hier.
La proposition faite par le ca du Magasin :
Phase I → la possibilité de dormir a été tout de suite écartée à cause de la pression de la préfecture et remplacée par une ouverture de 8h00 à 23h00.
Phase II → en fait il ne s’agit pas d’une occupation mais d’une invitation du ca en résidence à partager les espaces avec et de fait sous la surveillance du ca. Les techniciens font sans cesse référence à un cadre légal qui les contraindrait et justifierait leurs positions. L’idée serait de signer une convention de résidence avec le ca.
À ce moment là, il nous est apparu que nous étions en train de nous faire enfler.
Nous refusons les conditions proposées, le geste initié hier soir est un geste de réelle occupation et pas d’apparat. Nous n’avons pas demandé la permission de venir, nous nous la sommes donnée.
Aujourd’hui, nous avons fait face à une manœuvre politique et institutionnelle qui a tenté de recadrer ce geste et de se l’approprier.
Nous à la fois artistes, militant-e-s et habitant-e-s souhaitons faire vivre la superette au sein de son quartier en tant qu’espace d’expérimentation artistique et social.
Nous à la fois artistes, militant-e-s et habitant-e-s souhaitons que cette expérience puisse servir aux artistes pour repenser leur subordination et leur dépendance à ces institutions.
Il s’agit pour nous maintenant de négocier un espace autogéré au sein du Magasin, détaché de tout contrôle du ca. Cet espace nous est nécessaire si nous voulons redéfinir et repenser les modes de gouvernances des institutions, mais surtout parce qu’au contraire d’elles, nous ne séparons pas l’art du politique.
Nous avons demandé un temps supplémentaire, jusqu’à demain, pendant lequel nous étudierons la convention qui lie le ca du Magasin et la ville afin de faire une proposition qui ne transige pas avec le geste d’ouverture d’hier.
Rendez-vous à 18h demain lundi sur les ondes de Radio Campus, 90.8 !"
Rendez vous au 8 Esplanade Andry Farcy à Grenoble à 8h pour un petit déjeuner devant le centre d'art renommé pour l'occasion La Superette.
Artistes, étudiant.e.s, élue.e.s, passant.e.s, collectionneur.se.s, curieux.se.s, habitant.e.s du quartier et d’un peu plus loin ... Venez, ça rouvre.
Les Ami.e.s du Rouvre.
Pour plus d'infos : www.lasuperette.info
contact : lasuperette_1@protonmail.com
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Ce qui s'est passé le 19 avril :
"Nous revoilà devant le magasin à 17h ! La table des négociations est désormais dehors, publique. Autour il y a l’adjointe à la culture de la ville, le directeur des affaires culturelle, et nous. Dessus, il y a la voix amplifiée de la présidente du CA, des chips et des canettes. Tout autour, il y a du soutien. Le dialogue démarre avec la demande d’exposer au Magasin notre projet et nos exigences.
Nous avons accepté de jouer le jeu de la « convention de résidence » en le détournant et en le nommant « Convention de Résidence d’Expérimentation d’Autogestion d’un Lieu Artistique » (un CREALA en fait ;)) dans lequel nous avons fait figurer les exigences suivantes :
1/ La disposition totale du bâtiment pendant en CDD d’un mois, en restreignant nos usages à la « Rue », la salle « Horizons », le « Bocal », la cuisine, les toilettes, l’atelier.
2/ L’accès au bâtiment pour y travailler sans restriction de jours ou d’horaires.
La présidente du CA botte en touche en nous demandant de formuler une demande à l’écrit qu’elle transmettra aux quatre tutelles (Mairie, DRAC, Région, Département). Il leur appartiendra alors d’accepter ou non, notre projet.
Nous vous ferons part très rapidement du contrat de convention que nous proposerons.
En attendant, demain à la Superette ! À partir de 14h30 une performance de Kawasorix : Le Dictionnaire des Belles Personnes, une première réunion publique de programmation où tout le monde pourra faire des propositions, une installation de Nikodem, une tentative radio. Les Ami.e.s du Rouvre."
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