Fortes tensions au conseil municipal du 18 juillet
Le Plan de "sauvegarde" des services publics de Grenoble (voir les Infos locales de Juillet) soulève de vives contestations. Envahi par des manifestant-e-s de l'intersyndicale FO, CGT et Sud, des collectifs d’habitant-e-s, de Nuit debout Grenoble et du NPA (entre autres), le conseil municipal du 11 juillet avait été annulé puis reporté au 18 juillet (voir récit ci-dessous). Le nouveau conseil municipal s'est effectivement tenu le 18 juillet, sous une forte surveillance policière.
Voici un récit "à chaud" de la manifestation du 18 juillet devant la mairie de Grenoble, publié sur Indymedia Grenoble :
"Suite à l’annulation du conseil municipal du 11 juillet, ce dernier a été reporté au lundi 18 juillet. Malgré les vacances, nous sommes une bonne centaine (habitant-e-s, agents de la ville, syndicats) réunis pour contester la politique de casse du service public orchestrée par la municipalité écolo et le rassemblement citoyen de la gauche. Pour nous accueillir, la police municipale est en force, des affiches annoncent même que l’accès aux services de la mairie est exceptionnellement fermé à partir de 17h.
La police filtre l’entrée tandis que François Langlois, le directeur général des services, en bon flic raté, fait le physionomiste à l’entrée. Après une demi-heure sur le parvis, on décide de contourner le bâtiment au niveau des parkings. On trouve une porte ouverte, on s’incruste et on monte des escaliers qui nous mènent au niveau du local technique chargé de la vidéo. La porte est bloquée par de nombreux municipaux (ils ont même un chien !). On gueule des slogans contre la politique d’austérité de la ville, puis on se retrouve au niveau des garages. L’alarme anti-incendie se met à retentir.
On ressort de la mairie côté parc Paul Mistral en espérant pouvoir atteindre les fenêtres du conseil municipal, mais celles-ci sont gardées par les municipaux, très vite rejoints par leur renfort. On gueule, on siffle, le chien policier aboie. Pendant qu’on crie face à la police, quelques manifestants arrivent à escalader au premier étage et tambourinent contre les vitres du conseil municipal. Ils sont vite évacués par la police.
On stagne un moment sur les marches, les gens commencent à partir. On décide de refaire le tour et de revenir sur le parvis de la mairie. On est encore une cinquantaine, on commence à tambouriner sur les vitres et les panneaux de bois (deux portes étant cassées et bloquées par des planches) nous séparant de la cour intérieure, et on crie nos slogans. Un moment, l’un de nous dit pour rire « Allez, on charge » tout en se dirigeant vers la porte bloquée par les municipaux. Pris au mot, nous sommes plusieurs à le suivre, entamant une mêlée avec quatre municipaux, les écrasant contre la porte. On crie : « ouvrez la porte ! » pendant qu’eux crient : « reculez ! », l’un d’eux nous gueule cette perle de la connerie : « ça ne vous a pas suffit ce qui s’est passé à Nice ? » Les flics, écrasés, nous menacent avec leur gazeuse. Alors qu’on reflue, d’autres manifestants arrachent l’un des panneaux en bois, mais l’accès est très vite bloqué par les municipaux armés de leur gazeuse.
Alors que l’ambiance est plutôt pépère (ça discute et fume des clopes) voilà qu’arrive dix minutes après la cavalerie : 3 fourgons et 3 voitures de la police nationale et 2 voitures de la BAC. Les casqués s’alignent en rang d’oignon devant la police municipale. On gueule : « Piolle, Valls, austérité et répression ! », « Police partout, justice nulle part ! » Les casqués, avec leurs boucliers, nous poussent dans les escaliers et bloquent l’accès au parvis. On crie : « Tout le monde déteste la police ! », « Police nationale, milice du capital », « La police déteste tout le monde ! » On croise le PS et LR qui quittent le conseil, refusant de siéger. On apprend qu’un manifestant isolé a été embarqué par la BAC pour dégradations. On finit par quitter la mairie par petits groupes pendant que la municipalité vote sa politique de casse du service public sous présence policière. La Ville peut compter sur nous pour que la rentrée soit chaude.
Des Grenoblois-es en colère.
Prochain rendez-vous : samedi 30 juillet à 11h30 devant la bibliothèque Hauquelin (en face du musée de peinture) qui doit être fermée par la Ville.
P.S. : La municipalité ne va pas hésiter à parler de violence de notre part comme elle l’a fait lors de l’annulation du dernier conseil municipal. Mais la vraie violence c’est leur politique d’austérité avec la suppression de centaines de postes et la fermeture d’établissements !"
Voici le précédent récit "à chaud" de la manifestation houleuse du 11 juillet, également publié sur Indymedia Grenoble :
"Le 20 juin 2016, une cinquantaine de personnes (habitants, syndicats, agents de la ville) avait tenté d’interrompre le conseil municipal pour contester le « plan de sauvegarde des services publics » (sic) de la Ville de Grenoble pour faire face à la baisse des dotations d’état. Ce plan d’austérité s’accompagnant de fermetures d’établissements et de suppressions de postes dans les secteurs culturels et sociaux. Confiné dans le hall, la foule avait tapé contre les parois et scandé des slogans, pendant qu’une autre partie tambourinait contre les vitres du conseil municipal, perturbant fortement la séance (Cf. vidéo de retransmission des conseils municipaux sur le site de la ville).
Ce lundi 11 juillet, nouveau rendez-vous pour ce conseil municipal qui devait notamment aborder le plan d’austérité. C’est près de deux cent personnes qui se sont réunies : habitants, agents de la ville, syndicats (CNT, SUD, CGT, FO), des gens de Nuit debout, une brigade de clown. A 17h45, la foule entre dans le hall de la mairie avec banderoles, drapeaux et sifflets. On crie, on hue les élus qui entrent dans le conseil, on siffle, on tape contre les murs.
Une cinquantaine de personnes est autorisée à entrer dans le public du conseil municipal. Parmi eux, huit d’entre nous. Pendant que dehors ça continue le raffut, on commence à gueuler lorsque débute le conseil. On crie des slogans : « Valls, Piolle, même combat pour l’austérité », « radié de Piolle emploi », « la vraie commune pas la fosse commune », « aïe aïe aïe, j’ai pris un coup de Piolle », « ville durable, agents jetables », « c’est pas le service public qu’il faut casser, c’est Eric Piolle qui doit se barrer », « tout le monde déteste Eric Piolle », « co-construction, piège à cons » (etc.), on siffle, le maire n’arrive pas à parler dans son micro, le conseil municipal ne peut pas se tenir. On marque une pause lorsqu’une délégation de syndicats et d’habitants vient apporter des pétitions de plusieurs milliers de signatures contre le plan de sauvegarde. La délégation à peine repartie, on recommence à gueuler nos slogans, des membres du public essaient de nous faire taire, une délégation de trois élus essaie de parlementer avec nous… en vain.
Au bout de presque une heure, épuisés et assoiffés d’avoir perturbé la séance, on décide de sortir en espérant que d’autres pourront entrer. Dehors le raffut n’a pas diminué, ça gueule, siffle et tape contre les parois. Nos trois élus, qui ont eu la mauvaise idée de sortir décident de rentrer de nouveau dans le conseil en passant par une des portes. On les suit à plusieurs, on tient la porte qu’ils essaient en vain de fermer, on pousse et on se retrouve dans le local technique de la ville chargé de la vidéo. Une porte du conseil s’entrouvre, on la force et on se retrouve à faire une mêlée avec la police municipale qui reçoit le renfort de François Langlois… le directeur général des services (DGS), qui est comme un dingue, rouge cramoisi, qui souffle et sue dans son costard et essaie violemment de repousser les manifestants. Des élus tentent de le calmer : « arrête François, c’est pas bon pour les photos ! » Face à notre détermination, la police cède, on s’incruste, on ouvre une autre porte et l’ensemble des manifestants s’engouffre dans le conseil en criant des slogans (« on veut nos bibliothèques, on veut nos bibliothèques ! », etc.), sifflant et tapant sur des tambours. Un cercueil avec le nom des trois bibliothèques que la Ville veut fermer est introduit et déposé devant la tribune du maire.
Face au raffut, les élus de la majorité quittent le conseil, on prend leur place, on boit leur flotte, on détourne les cartels avec leurs noms et on tape sur les tables. La séance est suspendue, on continue à taper sur les tables et à gueuler. A 21h15, François Langlois, dépité, vient nous annoncer que le conseil municipal est annulé. On quitte la mairie en criant « on reviendra ! »
Des Grenoblois-es en colère"
Voici également un petit reportage vidéo de Place Grenet.
Photo : © Yuliya Ruzhechka – placegrenet.fr