Étude : La disparition des oiseaux en Isère
Depuis 2001, la Ligue pour la Protection des Oiseaux coordonne sur la région Auvergne-Rhône-Alpes un programme de suivi de population des oiseaux communs, avec le Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris.
Concrètement, chaque printemps, plus de 300 personnes observent et comptent aux mêmes endroits les populations d’oiseaux. Une prochaine session aura d'ailleurs lieu le 25 janvier, ouverte à qui souhaite y participer.
Les résultats 2019 de ces observations montrent que le déclin des oiseaux communs en France se poursuit aussi dans notre région. En 18 ans, ces oiseaux ont diminué de plus de 5% sur l'ensemble de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Cette diminution est plus marquée encore pour les espèces des villes, des villages et des milieux agricoles, qui ont diminué de 16 %.
Voici quelques exemples de tendances :
- le Coucou gris a diminué de 24 %
- l’Hirondelle rustique a diminué de 17 %
- le Pinson des arbres a diminué de 9 %
- l'Alouette des champs a diminué de 14 %
- la Mésange charbonnière a diminué de 11 %
Ces résultats confirment le déclin vertigineux des oiseaux en France selon une étude publiée 2017 par le Muséum national d’histoire naturelle et le CNRS. En seulement 17 ans, un tiers des oiseaux ont disparu des campagnes françaises. L'agriculture intensive et les pesticides semblent être les principales causes de cette mortalité accélérée.
Les études de 2017 révélaient notamment que le pipit farlouse, un passereau qui se nourrit d’invertébrés, a perdu 68% de ses troupes en 17 ans ; la linotte mélodieuse, friande d’invertébrés à la belle saison et de graines de plantes adventices en hiver, a vu disparaître 27% de ses effectifs sur la même période.
Du côté de la plaine céréalière des Deux-Sèvres, les populations d’oiseaux familières des zones cultivées, comme l’alouette des champs ou la perdrix grise, s’effondrent littéralement, avec respectivement −50 % et −90 % de leurs effectifs en 25 ans.
Pour consulter les étude du Muséum national d’histoire naturelle et du CNRS, c'est ici.
Pour consulter la synthèse du média Reporterre, c'est ici.
Rappelons qu'en octobre 2017, une autre étude pointait du doigt le déclin vertigineux des insectes en Europe : 80% des insectes volants auraient disparu en 30 ans.