7 suspens de la Rentrée grenobloise
À Grenoble comme ailleurs, cette Rentrée s'annonce pleine de suspens politique... En voici au moins sept.
Les deux premiers suspens ne sont pas spécifiquement grenoblois, mais ils nous semblent incontournables.
1. Les présidentielles 2022 vont-elles nous surprendre ?
Les sondages nous annoncent un duel Macron/extrême droite, Macron/Pécresse voire Pécresse/extrême droite, avec un électorat votant 60 à 70% à droite, 30 à 40% à gauche (à la louche). La réalité du vote va-t-elle nous surprendre ? Un événement inattendu (catastrophe environnementale, affaire judiciaire, attentat d'extrême droite...) va-t-il bouleverser la donne, comme en 2017 avec l'affaire Fillon ? Une "union des gauches" de dernière minute peut-elle créer la surprise ?
* * *
2. Les mouvements sociaux vont-ils reprendre cet automne ?
Jusqu'aux présidentielles et dans un tel contexte sanitaire, il est peu probable qu'un grand mouvement social redémarre en France. Mais à l'automne prochain, que va-t-il se passer ? Des annonces-choc du nouveau gouvernement vont-elles déclencher des luttes de grande ampleur ? De nouvelles formes de contestation inédites vont-elles surgir, à l'image des Gilets Jaunes en 2018 ? Ou au contraire, l'état d'urgence sanitaire permanent va-t-il continuer d'étouffer les mouvements sociaux ?
De manière générale, face aux déferlantes néolibérales depuis 2017 (loi travail, baisse de la fiscalité pour les plus riches, dégradation de l'assurance-chômage, loi SNCF, loi Blanquer, privatisations, durcissement des politiques migratoires, répression des manifestant-e-s, accord CETA, racisme et violences policières...), va-t-on enfin vivre une convergence des luttes victorieuse, un pays bloqué par des millions de grévistes, comme lors des grandes grèves de 1995 ?
* * *
3. Les luttes "pour le Climat" vont-elles s'intensifier ?
À Grenoble, les Marches pour le Climat ont connu un succès exceptionnel. Après plusieurs années parmi les plus chaudes jamais mesurées en France et des scénarios d'emballement climatique de plus en plus crédibles, de nouvelles mobilisations de grande ampleur vont-elles enfin émerger ?
De nouvelles catastrophes environnementales aussi sidérantes que les méga-feux en Australie ou la destruction de la Vallée de la Roya vont-elles renforcer des mouvements lycéens comme Youth for Climate Grenoble ? Le collectif Extinction Rebellion Grenoble va-t-il enfin prendre de l'ampleur ? De nouveaux groupes de luttes écologistes radicales vont-ils surgir ?
Et surtout, ces luttes généralistes vont-elles se concrétiser par un fourmillement d'engagements précis et locaux, par exemple contre le méga-centre commercial Neyrpic ou l'agrandissement de la route du Trièves, des luttes qui mériteraient davantage de mobilisations ?
* * *
4. Comment vont évoluer les luttes pour le droit au logement ?
À nos yeux, le mouvement politique le plus dynamique de l'agglomération depuis huit ans est l'association Droit Au Logement Isère. Ces luttes réussissent à rassembler des personnes de tout âge, de tout horizon social et politique, avec des actes de convergence, d'entraide et de créativité impressionnants.
Cet élan exceptionnel va-t-il se poursuivre en 2022 ? Après le succès des luttes autour de la réquisition d'un immeuble des cités de l'Abbaye, d'autres réquisitions vont-elles être lancées cette année ?
* * *
5. Qu'est-ce qui va brûler ?
Après le Pont de Brignoud en avril 2022 ; des installations et des véhicules de Constructel en 2021 à Sassenage et Brézins ; une série d'antennes-relais en 2020 ; les locaux de France Bleu Isère, 8 véhicules EDF, l'Église Saint-Jacques et la salle du conseil municipal de la mairie de Grenoble en 2019 ; du matériel de chantier carcéral de la société Eiffage en 2018 ; le CCSTI, 11 véhicules d'Enedis, plusieurs bâtiments et véhicules de la gendarmerie de Grenoble puis de Meylan en 2017, de nouveaux "incendies politiques" vont-ils éclater dans l'agglomération en 2022 ?
Les moyens discrets mais exceptionnels (filatures, écoutes, infiltrations, profilages...) déployés en Isère par le Ministère de l'intérieur vont-ils créer un effet dissuasif ? Combien y-a-t-il d'indics dans les milieux contestataires en Isère ? Après la grande journée de perquisitions et d'arrestations du 26 novembre 2019, d'autres vagues de répression policière se préparent-elles à Grenoble ?
* * *
6. Qu'est-ce qui va disparaître ?
Quels seront les impacts d'une troisième année de pandémie sur les milieux associatifs de l'agglomération grenobloise ? Ce climat de stress sanitaire va-t-il ancrer des habitudes de repli sur soi et de méfiance pour tout ce qui est inconnu ? Les divisions autour de la stratégie vaccinale vont-elles créer des fractures irréconciliables ? Quels seront les associations, les lieux et les collectifs qui ne vont pas s'en remettre, vont vivoter ou disparaître ?
* * *
7. Qu'est-ce qui va naître ?
Au contraire, la crise du Covid va-t-elle entraîner un regain sans précédent d'engagements et d'ouverture aux autres une fois la pandémie derrière nous ? Relancer une soif de projets collectifs ? Quelles seront les nouvelles associations, les nouveaux lieux, les nouveaux collectifs engagés dans l'agglomération en 2022 ? Certaines créations feront-elles écho à notre rubrique Rêvons un peu ?
* * *
Quelles seront les réponses à toutes ces questions ?
À suivre... sur le média ici Grenoble !
